2.9. Système

Ce groupe de modules est conçu pour vous aider à gérer votre système. Tous les modules de ce groupe sont dépendants du système et constituent des outils utiles pour assurer le bon fonctionnement de votre système et la gestion efficace de vos données.

2.9.1. Sauvegarde

Sauvegardez votre système aussi bien que vos données en utilisant Sauvegarde du système. La sauvegarde créée par le module ne contient toutefois pas l'intégralité du système. La sauvegarde système concerne les zones de stockage importantes de votre disque dur, qui peuvent être cruciales pour la restauration du système, telles que la table de partition ou le secteur d'amorçage principal (MBR, master boot record). Elle peut également inclure la configuration XML acquise à l'installation du système et utilisée pour AutoYaST. La sauvegarde des données se limite aux fichiers modifiés des paquetages accessibles sur les supports d'installation, à l'intégralité des paquetages non accessibles (par exemple les mises à jour en ligne), ainsi qu'aux fichiers n'appartenant pas à des paquetages, comme les nombreux fichiers de configuration situés dans /etc ou les répertoires se trouvant sous /home.

2.9.2. Restauration système

Avec Restauration système, restaurez votre système à partir d'une archive de sauvegarde créée avec Sauvegarde du système. Commencez par spécifier l'emplacement des archives (support amovible, disques dur locaux ou système de fichiers réseau). Cliquez sur Suivant pour afficher la description et le contenu des archives individuelles et sélectionner les éléments des archives à restaurer.

Vous pouvez également désinstaller les paquetages ajoutés depuis la dernière sauvegarde, et réinstaller les paquetages supprimés depuis la dernière sauvegarde. Ces deux étapes permettent de restaurer l'état exact du système au moment de la dernière sauvegarde.

[Warning]Restauration système

Étant donné que ce module installe, remplace ou désinstalle un nombre important de paquetages et de fichiers, utilisez-le uniquement si vous avez de l'expérience dans le domaine des sauvegardes. Sinon, vous risquez de perdre des données.

2.9.3. Disquettes d'amorçage et de secours

Créez des disquettes d'amorçage et de secours avec Disquette d'amorçage ou Disquette de secours. Ces disquettes sont utiles si la configuration d'amorçage de votre système est endommagée. La disquette de secours est notamment nécessaire si le système de fichiers de la partition racine est endommagé.

Vous disposez des options suivantes :

Disquette d'amorçage standard

Utilisez cette option pour créer les disquettes d'amorçage standard permettant d'amorcer un système installé. Selon l'architecture de celui-ci, le nombre de disquettes d'amorçage peut varier, mais vous devrez toujours créer l'ensemble des disquettes d'amorçage indiquées dans la boîte de dialogue car elles seront toutes nécessaires. Elles sont également requises pour démarrer le système de secours.

Disquette de secours

Cette disquette contient un environnement spécial qui permet d'effectuer des tâches de maintenance sur votre système installé, par exemple vérifier et réparer le système de fichiers ou mettre à jour le chargeur d'amorçage. Pour démarrer le système de secours, démarrez avec les disquettes d'amorçage standard puis sélectionnez Installation manuelle+Démarrer l'installation ou le système+Système de secours. Insérez la disquette de secours quand vous y êtes invité.

Disquette personnalisée

Utilisez cette option pour copier une image de disquette existante du disque dur vers une disquette.

Télécharger l'image de disquette

Cette option permet de saisir une URL et des informations d'authentification afin de télécharger une image de disquette depuis Internet.

Pour créer l'une de ces disquettes, sélectionnez l'option correspondante puis cliquez sur Suivant. Insérez une disquette quand vous y êtes invité. Cliquez de nouveau sur Suivant pour créer la disquette.

2.9.4. LVM

LVM (logical volume manager), le gestionnaire de volumes logiques, est un outil de partitionnement personnalisé de disque dur à l'aide de lecteurs logiques. Vous trouverez des informations sur LVM à la Section 2.1, « Configuration de LVM » (↑Référence).

2.9.5. Partitionnement

Cette boîte de dialogue d'expert, illustrée à la Figure 2.4, « Outil de partitionnement de YaST », permet de modifier manuellement le partitionnement d'un ou de plusieurs disques durs. Des partitions peuvent être ajoutées, supprimées, redimensionnées et modifiées. Ce module YaST vous donne également accès aux configurations logicielles RAID et LVM.

[Warning]Avertissement

Bien qu'il soit possible de modifier les partitions au sein du système installé, cette manipulation est réservée aux utilisateurs experts. En effet, le risque d'erreur pouvant entraîner des pertes de données est très élevé. Si vous repartitionnez un disque dur en cours d'utilisation, redémarrez le système immédiatement après. Il est plus sage d'utiliser le système de secours que de procéder à un nouveau partitionnement du système pendant qu'il est en cours d'utilisation.

Figure 2.4. Outil de partitionnement de YaST

Outil de partitionnement de YaST

Toutes les partitions existantes ou proposées de tous les disques durs connectés sont affichées dans la liste de la boîte de dialogue de partitionnement expert de YaST. Les disques durs complets sont répertoriés sous forme de périphériques sans numéros, tels que /dev/hda ou /dev/sda. Les partitions sont répertoriées comme des parties de ces périphériques, par exemple /dev/hda1 ou /dev/sda1. La taille, le type, le système de fichiers et le point de montage des disques durs et de leurs partitions sont également affichés. Le point de montage indique l'emplacement où la partition apparaît dans l'arborescence du système de fichiers Linux.

Si vous ouvrez cette boîte de dialogue au cours de l'installation, l'espace disque libre est également répertorié et automatiquement sélectionné. Pour fournir plus d'espace disque à SUSE Linux, libérez l'espace requis en commençant au bas de la liste et en remontant progressivement (c'est à dire de la dernière partition d'un disque à la première). Par exemple, si vous disposez de trois partitions, vous ne pouvez pas consacrer exclusivement la seconde à SUSE Linux et réserver la première et la troisième à d'autres systèmes d'exploitation.

2.9.5.1. Création d'une partition

Sélectionnez Créer. Si vous disposez de plusieurs disques durs, une boîte de dialogue de sélection apparaît, dans laquelle vous pouvez sélectionner le disque à utiliser pour créer la nouvelle partition. Spécifiez ensuite le type de partition (principale ou étendue). Créez jusqu'à quatre partitions principales ou jusqu'à trois partitions principales et une partition étendue. Vous pouvez créer plusieurs partitions logiques au sein de la partition étendue (reportez-vous à Section 1.7.1.1, « Types de partitions »).

Sélectionnez le système de fichiers à utiliser et un point de montage, le cas échéant. YaST propose un point de montage pour chaque partition créée. Des détails sur les paramètres sont fournis dans la section suivante. Cliquez sur OK pour appliquer vos modifications. La nouvelle partition est alors répertoriée dans la table de partition. Si vous cliquez sur Suivant, les valeurs actuelles sont adoptées. Si vous êtes en cours d'installation, vous revenez ensuite à l'écran des suggestions.

2.9.5.2. Paramètres de partitionnement

Lorsque vous créez une nouvelle partition ou que vous modifiez une partition existante, vous pouvez définir différents paramètres. Pour les nouvelles partitions, des paramètres adaptés sont définis par YaST et ne nécessitent généralement aucune modification. Pour effectuer des réglages manuels, procédez comme suit :

  1. Sélectionnez la partition.

  2. Cliquez sur Modifier pour modifier la partition et fixer les paramètres :

    ID du système de fichiers

    Même si vous ne souhaitez pas formater la partition à ce stade, affectez-lui un ID de système de fichiers pour vous assurer que la partition est convenablement mémorisée. Les valeurs possibles sont Linux, Linux Swap, LVM Linux et RAID Linux. Pour en savoir plus sur LVM et RAID, reportez-vous à la Section 2.1, « Configuration de LVM » (↑Référence) et à la Section 2.2, « Configuration de Soft RAID » (↑Référence).

    Système de fichiers

    Pour formater immédiatement la partition dans le cadre de l'installation, choisissez l'un des systèmes de fichiers suivants pour la partition : Swap, Ext2, Ext3, ReiserFS ou JFS. Reportez-vous au Chapitre 13, Systèmes de fichiers dans Linux (↑Référence) pour de plus amples informations sur les différents systèmes de fichiers.

    Swap est un format spécial permettant d'utiliser la partition comme mémoire virtuelle. ReiserFS est le système de fichiers par défaut des partitions Linux. ReiserFS, JFS et Ext3 sont des systèmes de fichiers à journalisation. Ces systèmes de fichiers permettent de restaurer très rapidement le système après un plantage car tous les processus d'écriture sont consignés en cours de fonctionnement. ReiserFS est par ailleurs très rapide pour la gestion d'un grand nombre de petits fichiers. Ext2 n'est pas un système de fichiers à journalisation. Il constitue cependant une excellente solution pour les partitions de petite taille, en raison du faible espace disque que requiert sa gestion.

    Options du système de fichiers

    Définissez ici divers paramètres pour le système de fichiers sélectionné. Selon le système de fichiers utilisé, diverses options avancées peuvent être proposées.

    Codage du système de fichiers

    Si vous activez le codage, toutes les données sont écrites sur le disque dur sous forme codée. Ceci accroît la sécurité des données sensibles, mais réduit légèrement les performances du système en raison du temps requis par le codage. De plus amples informations sur le codage des systèmes de fichiers sont disponibles à la Section 4.3, « Codage des partitions et des fichiers » (↑Référence).

    Options Fstab

    Spécifiez ici divers paramètres pour le fichier d'administration des systèmes de fichiers (/etc/fstab).

    Point de montage

    Définit le répertoire au niveau duquel la partition doit être montée dans l'arborescence du système de fichiers. Sélectionnez l'une des propositions de YaST ou entrez un autre nom.

  3. Sélectionnez Suivant pour activer la partition.

Si vous partitionnez manuellement vos disques, créez une partition d'échange d'au moins 256 Mo. La partition d'échange est utilisée pour libérer la mémoire principale des données qui ne sont pas utilisées dans l'immédiat. Ceci permet de garder la mémoire principale libre pour les données essentielles les plus fréquemment utilisées.

2.9.5.3. Options avancées

Expert ouvre un menu contenant les commandes suivantes :

Relire la table de partitions

Relit le partitionnement sur le disque. Cette opération est par exemple nécessaire après un partitionnement manuel effectué dans la console de texte.

Supprimer la table de partitions et le label du disque

Ceci écrase totalement l'ancienne table de partitions. Cette solution peut par exemple être utile si vous rencontrez des problèmes avec des labels de disques inhabituels. Avec cette méthode, toutes les données du disque dur sont perdues.

2.9.5.4. Autres conseils de partitionnement

Si le partitionnement est effectué par YaST et si d'autres partitions sont détectées dans le système, ces partitions sont également ajoutées dans le fichier /etc/fstab afin de permettre l'accès à leurs données. Ce fichier répertorie toutes les partitions du système avec leurs propriétés, telles que le système de fichiers, le point de montage et les autorisations utilisateur.

Exemple 2.1. /etc/fstab : données de partitionnement

/dev/sda1    /data1    auto      noauto,user 0 0
/dev/sda5    /data2    auto      noauto,user 0 0 
/dev/sda6    /data3    auto      noauto,user 0 0
   

Qu'elles soient de type Linux ou FAT, les partitions sont définies avec les options noauto et user. Ceci permet à tout utilisateur de monter ou de démonter ces partitions si nécessaire. Pour des raisons de sécurité, YaST n'ajoute pas automatiquement l'option exec, qui est requise pour exécuter des programmes depuis un emplacement. Si vous souhaitez exécuter des programmes à partir d'ici, vous pouvez toutefois ajouter manuellement cette option. Cette opération est nécessaire si vous obtenez des messages d'erreur signalant un mauvais interpréteur ou le refus d'une autorisation.

2.9.5.5. Partitionnement et LVM

Pour accéder à la configuration LVM, cliquez sur LVM dans la boîte de dialogue de partitionnement expert (reportez-vous à la Section 2.1, « Configuration de LVM » (↑Référence)). Cependant, si une configuration LVM fonctionnelle existe déjà sur votre système, celle-ci est automatiquement activée dès que vous entrez en mode de configuration LVM pour la première fois au cours d'une session. Dans ce cas, tout disque comportant une partition appartenant à un groupe de volumes activé ne peut pas être repartitionné pace que le kernel Linux ne peut pas lire la table de partition modifiée d'un disque dur si une des partitions de celui-ci est en cours d'utilisation. Si vous disposez déjà d'une configuration LVM fonctionnelle sur votre système, aucun repartitionnement physique ne devrait cependant être nécessaire. Modifiez plutôt la configuration des volumes logiques.

Au début de chaque volume physique, des informations à propos du volume sont écrites dans la partition. Pour réutiliser une partition de ce type avec un gestionnaire différent de LVM, il est conseillé de supprimer le début de ce volume. Par exemple, avec le groupe de volumes system et le volume physique /dev/sda2, utilisez la commande dd if=/dev/zero of=/dev/sda2 bs=512 count=1.

[Warning]Système de fichiers pour l'amorçage

Le système de fichiers utilisé pour l'amorçage (système de fichiers root ou /boot) ne doit pas être stocké sur un volume logique LVM. Stockez-le plutôt sur une partition physique normale.

2.9.6. Configuration Powertweak

Powertweak est un utilitaire SUSE Linux permettant de peaufiner au maximum les performances de votre système grâce au réglage d'un certain nombre de configurations de kernel et de matériel. Il ne doit être utilisé que par des utilisateurs avancés. Après l'avoir démarré avec Powertweak, il détecte vos paramètres système et les répertorie sous forme arborescente dans le cadre gauche du module. Vous pouvez également utiliser Rechercher pour trouver une variable de configuration. Sélectionnez l'option à peaufiner pour l'afficher avec son répertoire et ses paramètres. Pour enregistrer les paramètres, cliquez sur Terminer puis confirmez en cliquant sur OK.

2.9.7. Gestionnaire de profils

Créez, gérez et basculez entre plusieurs configurations système avec Gestion des profils, le module de gestion des profils de configuration système (SCPM) de YaST. Ceci est particulièrement utile pour les ordinateurs portables utilisés en divers lieux (et divers réseaux) et par différents utilisateurs. Cette fonction se révèle néanmoins aussi utile pour les machines de bureau car elle permet l'emploi de divers composants matériel ou configurations de test. Pour de plus amples informations sur les fondements et l'utilisation de SCPM, reportez-vous au Chapitre 32, Gestion des profils de la configuration système (↑Référence).

2.9.8. Services système (niveau d'exécution)

Configurez les niveaux d'exécution et les services qui démarrent dans ceux-ci, avec Services système (niveau d'exécution). Pour de plus amples informations à propos des niveaux d'exécution dans SUSE Linux et une description de l'éditeur de niveaux d'exécution de YaST, reportez-vous à la Section 8.2.3, « Configuration des services système (niveau d'exécution) avec YaST » (↑Référence).

2.9.9. Éditeur pour fichiers /etc/sysconfig

Le répertoire /etc/sysconfig contient les fichiers comportant les principaux paramètres pour SUSE Linux. Utilisez Éditeur pour fichiers /etc/sysconfig pour modifier les valeurs et les enregistrer dans des fichiers de configuration individuels. En règle générale, l'édition manuelle n'est pas nécessaire car les fichiers sont automatiquement adaptés lorsqu'un paquetage est installé ou un service configuré. Vous trouverez de plus amples informations sur /etc/sysconfig et l'éditeur sysconfig de YaST à la Section 8.3.1, « Modification de la configuration système à l'aide de l'éditeur sysconfig de YaST » (↑Référence).

2.9.10. Sélection du fuseau horaire

Le fuseau horaire est initialement défini au moment de l'installation, mais vous pouvez le modifier avec Date et Heure. Cela permet également de changer la date et l'heure actuelles du système.

Pour changer le fuseau horaire, sélectionnez la région dans la colonne de gauche et le lieu ou le fuseau horaire dans celle de droite. Avec Horloge matérielle définie sur, définissez si l'horloge du système doit utiliser Heure locale ou UTC (temps universel coordonné). UTC est souvent utilisé sur les systèmes Linux, tandis que les machines équipées d'autres systèmes d'exploitation, par exemple Microsoft Windows, sont généralement en heure locale.

Définissez l'heure et la date actuelles du système avec Changer. Dans la boîte de dialogue qui s'ouvre, modifiez l'heure et la date en entrant de nouvelles valeurs ou en les réglant avec les boutons fléchés. Appuyez sur Appliquer pour enregistrer les modifications.

2.9.11. Langue

Les langues principale et secondaire de votre système Linux sont définies durant l'installation. Elles peuvent cependant être modifiées à tout moment en utilisant Langue. La langue principale définie dans YaST s'applique à l'ensemble du système, y compris YaST et l'environnement de bureau. C'est la langue que vous projetez d'utiliser la majeure partie du temps. Les langues secondaires sont des langues occasionnellement requises par l'utilisateur pour diverses raisons, par exemple pour une langue du bureau ou une application de traitement de texte.

Figure 2.5. Définition de la langue

Définition de la langue

Sélectionnez la langue principale à utiliser dans votre système dans Langue principale. Pour régler le clavier ou le fuseau horaire sur ce paramètre, activez Adapter la disposition du clavier ou Adapter le fuseau horaire.

Définissez la manière dont les variables locales sont définies pour l'utilisateur root avec Détails. Utilisez également Détails pour définir la langue principale sur un dialecte qui ne figure pas dans la liste principale. Ces paramètres sont enregistrés dans le fichier /etc/sysconfig/language.